Appellation des vins de Saint-Pourçain

Le vignoble de Saint-Pourçain est considéré comme l’un des plus anciens de France. Implanté par les Phéniciens, celui-ci connut des fortunes diverses, au gré des siècles, des invasions et des maladies décimant parfois la vigne.

A la fin du Moyen-âge, la paix relative qui s’installe dans la région permet le renouveau du vignoble. Les coteaux environnant les monastères de Saint-Pourçain et Chantelle accueillent multitude de ceps. L’apparition des tavernes offre alors un débouché commercial tout trouvé.

Le vin de Saint-Pourçain voyage désormais au-delà de sa région d’origine : le port de la Chaize, à Contigny expédie le breuvage sur la table des Rois de France. Ainsi, Saint-Louis en 1241 offrit le Saint-Pourçain pour l’adoubement de son frère Alphonse.

En 1328, on en consomme pour le couronnement de Philippe Le BEL.

Également plébiscité par les Papes en Avignon, à chaque grande occasion, le Saint-Pourçain est à l’honneur.

Une ordonnance du Roi de 1360 établit la hiérarchie des vins consommés à Paris : au bas de l’échelle : les vins d’Ile de France, à l’échelon moyen : les Bourgogne et au sommet : les vins de Beaune et de Saint-Pourçain.

La première charte de qualité apparaît au 15ème siècle : interdiction de cultiver les mauvaises variétés de vigne, de frelater les vins et de tromper l’acheteur.

Au XVII, la viticulture devient la grande ressource de la région. Colbert fait alors entretenir l’Allier afin de faciliter le transport des barriques.

Au XVIII, le vignoble atteint 8 000 hectares.

L’approche du 19ème siècle sera synonyme de coup d’arrêt pour le Saint-Pourcinois avec successivement en 1790 la crue dévastatrice du 12 novembre, qui emporte les ports marchands sur l’Allier, l’apparition en 1800 de modes de transports plus rapides et favorisant la concurrence des vins du Midi et surtout la terrible épidémie de phylloxéra de 1885.

Le renouveau du vignoble est récent, avec la recherche incessante de la qualité qui conduit à l’obtention du label Vin Délimité de Qualité Supérieure en 1951.

En 2009, après des décennies d’effort et de restructuration, c’est l’Appellation d’Origine Contrôlée qui vient à juste titre récompenser le travail et la pugnacité des hommes et femmes qui ont cru aux valeurs de ce vignoble ancestral.

Aujourd’hui composée de 600 hectares répartis sur 19 communes, l’aire d’Appellation compte une quinzaine de vignerons indépendants, vinifiant leurs propres productions et une cave coopérative regroupant une soixantaine d’adhérents.